Croix-Rouge Schaerbeek www.croix-rouge-schaerbeek.be

  • EN
  • NL
  • FR
  • Accueil news
  • Don de Sang
  • Calendrier
  • Contact
  • Accueil news
  • Organisation
    • Comité
    • Devenir volontaire
    • Les 7 principes de la C-R
    • Historique
    • La Quinzaine
    • La Croix-Rouge en BD
    • Dons & Legs
    • Relations publiques
  • Enseignement
  • SERVICE DE SECOURS (SSCR)
  • Action Sociale
  • Don de Sang
  • Prêt Matériel Sanitaire (SPMS)
  • Vesti-Boutique
  • CR-JEUNESSE
  • Calendrier
  • Ambulance
  • Photos & Films
  • Nos coordonnées
  • Contact
  • Espace réservé

Historique

Organisation > Historique

Un souvenir de Solférino

Il y a 150 ans, 320 000 hommes se ruent les uns contre les autres. On se massacre au canon, au fusil, à la baïonnette, au sabre, à mains nues. Pendant quinze heures, Français et Italiens jettent toutes leurs forces pour vaincre les Autrichiens qui occupent le nord de l'Italie depuis 1815.
Nous sommes à la bataille de Solferino.

 

 

 

 

 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les pertes humaines dépassent l'imagination. Près de 40 000 hommes mis hors de combat. A vrai dire, les états-majors ne se soucient guère du sort des soldats morts ou blessés. Un homme tué, ça se remplace gratuitement, alors qu'un cheval, il faut l'acheter !


C'est donc en toute logique que les armées du XIXe siècle engagent moins de chirurgiens que de vétérinaires. Quant aux infirmiers, ils sont presque inexistants.

 

En tout cas, les minuscules services sanitaires des forces armées sont instantanément débordés dès les premières minutes de la bataille. Sur place, les blessés reçoivent des soins dérisoires, quand ils en reçoivent, et leur transport vers l'arrière va durer des éternités, dans des véhicules de fortune qui ne leur épargnent aucune secousse, aucun nid-de-poule. De la sorte, beaucoup vont mourir stupidement.

 

Et tous les blessés qui sont purement et simplement oubliés ... Trois, quatre, voire cinq jours après les combats, on trouve encore des blessés qui agonisent là où ils sont tombés : pas de soins médicaux, rien à manger, rien à boire sauf l'eau immonde des flaques mêlée de terre et de sang. Bref, juste de quoi mourir dans de terribles souffrances physiques et morales.

 

 
A l'arrière, dans les villages les plus proches du champ de bataille, l'organisation des secours laisse à désirer. A Castiglione delle Stiviere par exemple, les blessés arrivent par centaines, par milliers. Une pagaille monstre règne partout. Du fait que l'intendance n'a prévu aucun hôpital de campagne ici, on installe ceux qui ont besoin de soins dans tous les locaux disponibles : églises, couvents, maisons particulières.

 

Naturellement, pas de lits. Juste un peu de paille, vite souillée par les excréments humains et tous les déchets imaginables que personne ne nettoie.

 

Une odeur pestilentielle due au pourrissement des blessures. Les râles insoutenables des moribonds. Plus les hurlements de ceux qu'on ampute, à vif, car les anesthésiants manquent aussitôt.
Des médecins ou des infirmiers : quasi aucun. Des médicaments et des pansements : immédiatement épuisés.

 

 

Devant tant de détresse, la population improvise des secours ; mais elle soigne de préférence les blessés du camp vainqueur. S'il manque de place dans une église, par exemple, on en sort les Autrichiens mourants qu'on jette dans les fossés.

 

Jusque-là, le scénario est classique.

 

Là intervient Henry Dunant, qui de passage, est instantanément plongé dans un monde de douleurs, d'horreur, de scandale.

 

Dans une grande église d'un quartier populaire, Dunant improvise un hôpital ; c'est la fameuse Chiesa Maggiore où plus de cinq cents blessés sont entassés. Il leur donne à boire. Il recueille les dernières paroles des mourants qu’il écrira ensuite à leurs familles. Il soigne tant bien que mal les plaies.

 

 

Idée révolutionnaire, il tâche de convaincre les femmes de la localité de soigner tous les blessés, sans distinction de nationalité : Tutti fratelli : ils sont tous frères. Nous sommes tous frères dans la détresse, répètent après lui les braves Italiennes. Pendant plusieurs jours, il se dévoue sans compter, faisant preuve d'idées originales.

 


La bataille de Solférino constitue donc un événement majeur puisqu’elle se trouve à l’origine de la création du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui contribue largement au développement du Droit International Humanitaire tel que nous le connaissons aujourd’hui.

 


Ce terrible souvenir où Henry Dunant a vu des soldats blessés, agonisés et abandonnés de tous sur le champ de bataille, lui a donné envie d'écrire un livre. C'est " Un souvenir de Solferino " qui retrace ce qu'il a vu et essayé d'organiser avec l'aide de la population. Mais surtout, il revient avec une idée très importante pour l'avenir qui est de créer un corps d'assistance aux blessés de guerre par un engagement et un statut de neutralité.

 


Son message a bouleversé et bouleverse toujours ses lecteurs.

 

« On sort de ce livre avec le maudissement de la guerre » écrivaient les frères Goncourt au siècle dernier.

 

 

Depuis sa parution en 1862, Un Souvenir de Solférino a été traduit et réédité tant de fois qu'il est difficile de connaître toutes les versions existant dans le monde.



         Vous désirez en savoir plus sur ce livre ...

                 cliquez sur sa couverture.

Genève et l'Algérie
Philanthrope suisse. Né le 8 mai 1828 à Genève, Henry Dunant voue son temps aux pauvres et aux infirmes. Fondateur de la "Réunion du jeudi" (dont le but est le partage d'un idéal de foi entre jeunes), puis de l' "Union de Genève" qui devient l' "Union chrétienne de jeunes gens" (UCJG) en 1852, le jeune Henry fait déjà preuve d'une rare conviction dans l'action charitable. Il recrute des adhérents, organise des conférences, ouvre un club de lecture et ne tarde pas à étendre son réseau de contacts dans toute l'Europe.

Parallèlement, le jeune homme poursuit ses écoles et notamment au collège Calvin non sans quelques soucis. Piètre collégien, il est placé en 1849 en apprentissage chez les banquiers MM. Paul-Elysée Lullin et François-Auguste Sautter de Beauregard.

Devenu commis, il entre en 1853 au service de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif en Algérie où il fait ses premières armes. Ses initiatives - construction de villages, paiement des ouvriers, etc - illustrent à nouveau son engagement et sa créativité.





Conquis par l'Algérie et la Tunisie que ses voyages lui font découvrir, Henry Dunant acquiert en concession dans la province de Constantine une terre qu'il met en valeur dès 1858 en construisant des moulins à blé, en irriguant les terres et en les cultivant. Cependant la Société des moulins du Mons-Djémila sera quelque peu mise en péril par l'administration française qui tarde à lui octroyer l'autorisation d'exploiter la chute d'eau nécessaire au bon fonctionnement des moulins. Henry Dunant décide donc d'obtenir une audience auprès de l'empereur des Français, Napoléon III. C'est ainsi qu'il rejoint l'Italie du nord où l'empereur des Français conduit, avec son allié le roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II, ses troupes contre l'Autriche.

De Solférino à la première "Convention de Genève"
La bataille de Solférino a lieu le 24 juin 1859. Blessés et mourants sont abandonnés sur le champ de bataille, sans eau, entassés dans la boue, à peine soignés par des services sanitaires complètement dépassés. Devant cette mêlée sanglante, Henry Dunant oublie ses soucis algériens. Achetant du linge, des pansements, de la nourriture et des cigares, il lave les plaies, recueille les dernières paroles des mourants et ose persuader le quartier général de Napoléon III de libérer les médecins autrichiens afin qu'ils soignent leurs coreligionnaires. Ces quelques jours passés à Castiglione au service des autres auront suffi à bouleverser la vie de Henry Dunant.

Exorciser l'horreur et l'intense émotion se fera par l'écriture. Un souvenir de Solférino, qui paraît en octobre 1862, livre trois propositions : constituer en temps de paix des sociétés de secours dont le but serait de porter secours aux blessés en temps de guerre; recruter et former des infirmiers et infirmières volontaires qui seraient reconnus par les armées; et enfin formuler "un principe international, conventionnel et sacré" dans un texte officiel signé et respecté par les gouvernements d'Europe. Résonnant comme un véritable cri d'indignation, ce livre trouve un écho partout, dans les cours européennes, dans les ministères et les rédactions: les félicitations pleuvent sur Henry Dunant. Cependant seul un homme saura véritablement entendre l'appel de Dunant, c'est Gustave Moynier, président de la Société genevoise d'utilité publique. Grâce à son soutien, le "Comité international et permanent de secours aux miliaires blessés en temps de guerre", composé du Général Dufour comme président, du Dr. Louis Appia, du Dr. Théodore Maunoir, de Gustave Moynier et de Henry Dunant comme secrétaire, voit le jour en février 1863. Ce Comité deviendra en 1875 le fameux "Comité International de la Croix-Rouge" (CICR).


Une fois les premiers principes élaborés, il s'agit pour le Comité d'inciter les véritables acteurs à les adopter. Ainsi Henry Dunant entreprend-t-il, grâce à un travail acharné, de convoquer les représentants des gouvernements européens à une conférence diplomatique. Le 22 août 1864 est signée à la salle de l'Alabama à l'Hôtel-de-Ville la première "Convention de Genève" qui entérine notamment la neutralité des équipes soignantes et le signe distinctif garantissant sécurité et efficacité aux secours. Véritable étape dans l'histoire de l'humanité, cette signature place Henry Dunant à l'apogée du succès.

Faillite, errance et reconnaissance
Malgré tous les honneurs, Henry  Dunant ne déjouera pas les tourments du destin. En effet, les  affaires en Algérie piétinent. En 1867, la cour de  justice de Genève le condamne à rembourser un million de francs à ses créanciers. Contraint à  démissionner du "Comité international et permanent  de secours aux miliaires blessés en temps de guerre" et  réfugié à Paris, Henry Dunant n'abandonne pas,  mais sa philanthropie est trop avant-gardiste.

Des projets tels qu'une  bibliothèque qui travaillerait à la diffusion des chefs  d'œuvre littéraires (futur UNESCO), le repeuplement  de la  Palestine par le  peuple juif, la protection des prisonniers de guerre (2  e  Convention de Genève 1929),  l'abolition de l'esclavage et une Croix-Rouge de la paix  qui interviendrait en cas de fléau (épidémie,  incendies, inondations, etc.), ne trouveront pas l'écho escompté. En 1875, Henry Dunant disparaît de la  scène publique.

C'est le temps de l'errance et  de la solitude. De l'Alsace à l'Italie, il finit par  échouer à Heiden en 1892 au bord du lac de Constance.  Le docteur Hermann Altherr l'accueille et le soigne dans son  hôpital.

Quatre ans plus tard, un jeune journaliste  découvre un homme oublié de tous. L'article qu'il  consacre au fondateur de la Croix-Rouge fait le tour de  l'Europe. Signes de reconnaissance et aides restaurent l'honneur perdu de Henry Dunant. Renouant avec ses amis  d'antan, il se fait chantre du pacifisme mondial dans des  revues pacifistes et dans un livre anti-militariste,  L'avenir sanglant  , qui ne paraîtra jamais.

La gloire retrouvée
La consécration finale viendra en 1901 : pour la première fois, le prix Nobel est décerné et c'est Henry Dunant qui le partage avec Frédéric Passy, fondateur et président de la "Société française pour l'arbitrage entre nations".

Vivant désormais dans la reconnaissance universelle, il passe les neuf dernières années de sa vie à Heiden dans le calme et s'éteint le 30 octobre 1910 à l'âge de 82 ans.


Livres sur Henry Dunant

  • BIMPAGE, Serge, Moi, Henry Dunant, j'ai rêvé le monde : mémoires imaginaires du fondateur de la Croix- Rouge, éditions Albin Michel, 2003
  • FRANCOIS, Alexis, Un grand humanitaire Henri Dunant sa vie et ses œuvres 1828 - 1910, éditions Comité International de la Croix-Rouge, Genève 1928
  • BOISSIER, Pierre, Henry Dunant, éditions Institut Henry-Dunant, Genève 1974
  • SANTSCHI, Catherine, Henri Dunant 1828-1910 in Genève - Lyon, Partenaires, plaquette réalisée à Genève en mai 1992
  • Plaquette sur l'Institut Henry-Dunant, Genève 1990

Croix-Rouge de Schaerbeek, entité de la Croix-Rouge de Belgique. • © Tous droits réservés.
Rue Anatole France, 31 • 1030 Schaerbeek • Tel: +32(0)2/215.43.96 • Fax: +32(0)2/215.49.87
Le contenu de ce site n'engage en rien la responsabilité de la Direction de la Croix-Rouge de Belgique.